

Généralités La dentelle en cartes postales
Qu’elle ait été
introduite au XIVème siècle ou au XVIème siècle ou qu’elle fût inventée par
Isabelle Mamour pour orner la statue de la vierge noire du Puy, la dentelle est
très ancienne dans la région..
Le mot « dentelle » semble
apparaître pour la première fois au Puy en 1616 lors d’un inventaire d’un
seigneur de Rochebaron
Dès la fin du XVIIème siècle des
marchands de dentelles exercent sur la commune de St Julien d’Ance, au
Bouchet-Pilhac (dont Pierre Gayte, né en 1669, qui aura au moins 19 enfants et
dont un gendre prendra la succession comme marchand de dentelles), à Laprat et
au Bourg.
Au XVIIIème nous voyons au travail
de nombreuses « filles de carreaux » à St Julien, elles deviendront dentelleuses
au XIXème siècle et enfin dentellières au XXème siècle.
La période révolutionnaire fût
désastreuse pour la dentelle, les aristocrates qui l’appréciaient s’étant
exilés. La dentelle du Velay n’est plus qu’une pâle imitation de la dentelle
d’Italie ou des Flandres. Les ouvrières font toujours les mêmes dentelles
qu’elles essayent de vendre aux marchands.
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En 1830, un dessinateur du Puy,
Baptiste Falcon, dit Théodore Falcon, s’aperçoit qu’à St Julien et aux alentours
les dentellières étaient très habiles et qu’elles mettaient un peu d’originalité
dans leurs dentelles en s’inspirant de la nature environnante, rajoutant des
fleurs aux figures classiques. Il installe une fabrique dans la région de
Craponne, tous les jours il parcourt à cheval la montagne environnante, allant
voir directement les dentellières et leur remettant des dessins toujours
renouvelés à exécuter, il suit puis crée la mode. Il apporte beaucoup
d’amélioration à la technique dentellière.
Installé au Puy, il ira toujours
lui-même réceptionner la dentelle auprès des dentellières pour maintenir
l’émulation. Il se fait une spécialité de la dentelle de lin.
En 1834, 1400 ouvrières travaillent
exclusivement pour lui, la même année il obtient une mention honorable à Paris à
l’exposition des produits de l’industrie française, en 1839, ce sera une
médaille d’argent.
En 1839, la reine Marie-Amélie,
femme de Louis-Philippe, et Mme Adélaïde, sœur du roi, choisissent des dentelles
de Théodore Falcon. Elles commanderont une robe en dentelles.
En 1838, la Société des sciences,
art et commerce du Puy avait donné à Théodore Falcon une prime de 160 F à
partager entre 12 ouvrières des communes de St Julien d’Ance (Jeanne Marie
Bernard et Rose Triouleyre), de St André de Chalencon, de Roche, de St Pierre
Duchamp et de St Georges Lagricol.
Théodore Falcon a créé en 1838 une
école pratique de dentelles. Des ouvrières choisies venaient de tous les coins
de la Hte-Loire recevoir ses conseils et prendre les leçons de dentellières
émérites. Il pourvoyait à leurs frais de déplacement et d’entretien et leur
assurait un salaire égal à ce qu’elles eussent pu gagner chez elles (du fait de
la qualité de leur travail, les dentellières de Théodore Falcon gagnaient a peu
près le double des autres). Au bout de 3 mois, elles étaient remplacées par
d’autres, et rentrées dans les villages, propageaient à leur tour les bonnes
méthodes.
Il créera également la musée de la
dentelle (La
salle Théodore Falcon du musée Crozatier).
C’est depuis Théodore Falcon que la
dentelle « du Puy » devint célèbre, cette dentelle du Puy qui était un peu celle
de St Julien.

A la mort de
Théodore Falcon, en 1856, ses demi-frères César et Hector Falcon reprennent sa
fabrique. Hector ,qui semble avoir eu un pied-à-terre à St Julien, fera
travailler 460 dentellières dont les sœurs St Joseph de St Julien.
Au plus fort de la fabrication de
la dentelle, le recensement de 1861 fait ressortir que 78 % des filles et des
femmes de St Julien se considèrent comme dentellières. En 1936, il y a encore 14
dentellières (de 30 à 77 ans) recensées dans la commune. De nos jours, il n’y en
a plus, du moins de professionnelles.